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La Vindicte ElliptiqueScandale à l’hôpital psychiatrique : à quand la fin de l’omerta ?

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Scandale à l’hôpital psychiatrique : à quand la fin de l’omerta ?

La Vindicte Elliptique🕵️ Dossiers

Le 26 février 2023 à 11h55

Titus
Communiste acharné

1177 sujets
345 messages

Psychiatrie/Rennes
Une ancienne infirmière et une mère de famille dénoncent l’irresponsabilité des HP, et la culture de l’omerta autour des pratiques barbares du personnel médical. Retour sur la mort de Florian, mort il y a plus de dix ans à Guillaume Regnier, et dont la mère demande qu’un procès établisse enfin les responsabilités pénales.

Je m'occupe du site Vindicte.

Je publie régulièrement des articles ici, je fais des lives, je fais des vidéos.

L'objectif c'est qu'on soit une communauté de gens de gauche, histoire d'imposer une info qui prend vraiment en compte les rapports de pouvoir. On est déjà quelques uns : hésite pas à nous rejoindre, chacun participe en fonction de son temps, de son énergie, de ses moyens. Un petit commentaire sur ce qu'on publie c'est déjà énorme pour nous !

On a plein d'idées pour l'avenir du site. J'ai créé un Discord pour en discuter, si jamais. L'idée principale, elle est venue après des longues discussions politiques : on voudrait que le site soit un outil pour créer des journaux de tout type.

Que vous mettiez un commentaire de-ci de-là, ou que vous postiez du contenu sur Vindicte : merci ! Votre soutien fait chaud au cœur et, je crois, nous aide à avancer !!



Le 30 juin 2023 à 1h06

evita
Sympathisant

0 sujet
1 message

Bonjour,

Je vous remercie de votre article sur lequel je suis tombée à la suite d'un tweet de Frédéric Mathieu suite à sa visite au CHGR Guillaume Regnier..

Il est probable que mon message pourrait devenir incohérent, je m'en excuse par avance. Je souffre de troubles bipolaires, une des pathologies (commorbidité) est l'alcoolisme, parfois dont ce soir car mes émotions ont été ébranlées à la lecture de cet article (cette fragilité de ce moment n'est pas de votre fait).

Il y a fort longtemps que je garde sous le coude le besoin, d'un jour, dénoncer des pratiques de maltraitance que j'ai vécu ou été témoin dans cet HP.

Il m'était impossible de le faire car il me fallait me protéger de cette institution et d'autres au passage le temps que mes enfants grandissent et que je puisse, enfin, reprendre confiance en moi.

Comme tant d'autres personnes, j'ai fait quelques séjours là-bas (en 20 ans, au moins 12, je n'ai pas envie, ce soir de les comptabiliser).

Pour la petite histoire, et ironie du sort, avant d'y aller, j'y avais effectué mes trois stages d'élève-infirmière suite à une reprise d'études sur le tard.

Depuis les années 80, les hp ont été sectorisés. Quelque soit la pathologie, lorsque tu y débarques, tu atterri dans un service dit d'entrant (entrant qui peut durer des mois...).

Bien sûre, comme c'est mon cas à chaque fois, et là, ce n'est de la faute de personne, j'y arrive très délirante.

Comme c'est une urgence médicale, c'est "au petit bonheur la chance" d'avoir un lit dans un service qui a encore une place.

Il y a 20 ans, il était plus facile d'être directement collé dans le service de son secteur géographique.

Facile mais dans quelles conditions de prise en charge ???

Je me souveint de ce mois de janvier 2003. On m'a collée dans une chambre de 3 femmes, mon lit était entre elles deux qui avaient appris à s'apprivoiser.

L'une des deux était SDF et ne pouvait dormir qu'avec la fenêtre ouverte (façon hp).

Je les dérangeais dans leur fonctionnement que je comprend mais j'avais très froid et elles deux me faisaient peur.

Petit à petit, je suis redescendue de ma "planète", j'ai commencé à faire mon trou...

Il y avait encore une salle fumeur (service fermé) et je n'avais pas le droit de sortir.

Ceux qui en avaient l'autorisation revenaient bien souvent avec de l'alcool et du cannabis.

L'équipe soignante faisait semblant de ne pas sentir les odeurs de shit (comme si ça ne sentait pas malgré les déodorants d'intérieurs bon marché, c'était le "jeu").

De toutes façons, ces mêmes soignants passaient tellement de temps entre eux, à bavasser sans s'occuper de nous qu'il était préférable pour eux de nous lâcher la grappe pour mieux les laisser être payés à ne rien "branler".

Il faut savoir que dans cet hp, et c'est encore d'actualité, les malades mangent dans des salles communes, mettent la table, débarrassent (il y a encore 10 ans, c'était aussi à nous de balayer et laver le sol de cette salle commune). Les lave-vaisselle de chaque unité sont tels, encore à ce jour, qu'il relaver les couverts et essuyer la vaisselle.

Bien sûré, dés que je vais mieux, j'ai la fâcheuse tendance à contester.

J'argumente en disant que dans les services de soins "physique", les personnes malades ne sont pas utilisée de cette sorte.

L'argument de choix est qu'il ne faut pas que nous perdions nos habitudes de vie.

Bien sûre, prenez-moi pour une couillonne, j'aurai préféré la franchise de me dire que nous sommes économiques et que la direction est épargnée d'embaucher du personnel de plus....

Oui, je ne sais pas me taire une fois que je vais mieux, là-bas.

Des revendications sur les conditions de prise en charge, j'en ai beaucoup à mon palmarès. Toujours la peur au ventre car réside toujours la peur des écrits sur les transmissions. En effet, beaucoup de soignants préfèrent se protéger eux et écrire de fausses informations. Bien des médecins psychiatres ne tiennent compte que de ces écrits (augmentation des doses des traitements etc). Je dois dire que c'est un peu moins le cas à ce jour. En effet, les dinosaures psychiatres sont partis avec, un peu de chance, il est possible d'être face à un médecin humain et à l'écoute). Mais il reste toujours des équipes soignantes soudées dans ce rien à faire des personnes malades. Les IDE, aides-soignant(e)s etc... professionnels encaissent et souffrent de ce manque de professionnalisme de leurs collègues (j'en ai assez parlé avec certains, c'est triste car si nous n'étions entourés que par ces personnes, notre santé mentale serait améliorée).

Je pourrai encore écrire des pages et des pages..

Je vais en finir sur un exemple (parmi tant d'autres) de maltraitance.

Il y a presque 4 ans, un de mes proches a dû être hospitalisé en urgence. Urgence veut alors dire d'arriver sans rien (vêtement de rechange, affaires de toilette, argent, tabac ).

Son état de santé a justifié une mise en "chambre d'apaisement" (apaisement surtout pour ne pas déranger le personnel et perturber les autres patients dans une unité bien mise au pas... Charger à bloc ce jeune alors qu'il était dans un grand flou, son épisode de maladie du moment n'allait pas l'aider).

Bref, fragilisée car cette situation m'affectais, j'ai demandé à une amie de m'accompagner pour lui apporter quelques affaires. J'appelais le service tous les jours pour m'informer de sa santé et surtout bien surveiller sa prise en charge, j'en connais trop les dérives.

J'en passe sur combien j'étais mal reçue surtout dans ce service dont je dépend aussi.

Ce jour, ça faisait environ 10 jours que ce jeune était à l'isolement, nous avons attendu dans la salle commune. Mon amie qui découvrait ce type de lieu a été éffarée des locaux et cette ambiance nauséabonde.

A ce moment, une personne a pêté un cable, intervention (necessaire) des gros bras de l'unité voisine. Impressionnant et bien flippant, surtout pour mon amie. Je ne suis pas blindée, mais j'ai un peu trop souvent vécu cette peur au ventre en étant hospitalisée.

Je ne sais pas si cet évênement qui a provoqué ça mais il m'a été proposé de pouvoir voir le jeune (je n'avais pas trop envie de le dire mais il s'agit de mon fils alors âgé de 24 ans).

Il est sorti de sa chambre d' "apaisement" tout gêné dans son pyjama bleu, le pantalon trempé de son urine. Depuis ces 10 jours, personne ne lui avait fourni d'urinoir et là, je me suis fâchée.

Fâchée tout en gardant mon sang froid (avec mon dossier psy, je suis moins crédible que d'autres).

J'ai demandé comment il était possible que dans un si grand hôpital, il ne soit pas possible de fournir un urinoir.

Soit-disant que celui du service n'avait plus le bouchon etc... et mois d'encore dire qu'il ne fallait pas me faire croire qu'il leur était impossible d'en récupérer un.

J'étais bien consciente que c'était une forme non seulement de négligeance mais aussi de manipulation. Le médecin psy n'était pas sencé savoir que cet objet était absent et qu'il serait facile de noter, le patient urine sur lui etc.... Et hop, on le garde dans cette pièce et on le cachtonne davantage...

Comme c'est bizarre, sic..., j'ai pu passer une heure avec mon fiston qui a pu aller sur la terrasse fumer, discuter et se sentir rassurer.

"Miracle", un urinoir est arrivé durant ce temps, mon fils est sorti peut-être le jour même de cette cellule.

La bataille a continué envers l'équipe, certains ont essayé de me déstabiliser....

Des situations comme ça, qu'elles été vécu personnellement ou indirectement envers mon fils ou d'autres personnes malades, j'en ai encore beaucoup.

Il est tard, si ça vous interesse, je pourrai y revenir.

Merci encore,

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Vindicte - dernière mise à jour le 2 avril 2023

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